Images IA style Ghibli : droit d’auteur, procès et règles en 2026
Style Ghibli par IA : est-ce légal ? Ce qu’ont fait OpenAI, Ghibli et le Japon depuis mars 2025, les procès en cours, le droit européen et américain en 2026.
Sommaire
- Ce qui a changé depuis mars 2025
- Mars 2025 : d’où vient la vague « style Ghibli »
- Qu’a changé OpenAI depuis ?
- Studio Ghibli et le Japon : quelles prises de position ?
- Le style Ghibli est-il protégé par le droit d’auteur ?
- Quels procès sont en cours sur les images IA ?
- États-Unis : ce qu’ont décidé les juges et le Copyright Office
- Europe : fouille de données, opt-out et AI Act
- Utiliser des images « style Ghibli » : les précautions
- Et le débat éthique ?
- Questions fréquentes
Créer une image « style Ghibli » avec l’IA n’est pas illégal en soi : le droit d’auteur protège des œuvres et des personnages, pas un style. Le risque commence quand l’image reproduit un personnage (Totoro, Chihiro), un décor précis ou laisse croire à un lien avec le studio, surtout dans un usage commercial. La question de fond, l’entraînement des modèles sur des œuvres protégées sans autorisation, reste ouverte en 2026 : aucun tribunal ne l’a tranchée pour les images.
Cet article, publié en avril 2025 au moment de la vague d’images « à la Ghibli », a été réécrit le 25/09/2026 : il fait le point sur ce qu’ont dit OpenAI, Studio Ghibli et le Japon, sur les procès en cours et sur les règles européennes et américaines, à partir des décisions, textes et déclarations officielles cités au fil du texte. Ce n’est pas un conseil juridique : pour un projet commercial, consultez un avocat.
Ce qui a changé depuis mars 2025
| Date | Événement |
|---|---|
| 25/03/2025 | La génération d’images de GPT-4o arrive dans ChatGPT : début de la vague « style Ghibli » |
| 11/06/2025 | Disney et Universal attaquent Midjourney aux États-Unis ; Warner Bros. suit en septembre |
| 23 et 25/06/2025 | Deux juges américains jugent l’entraînement sur des livres acquis légalement couvert par le fair use (Anthropic, Meta) |
| 02/08/2025 | Les obligations de l’AI Act pour les modèles d’IA à usage général s’appliquent (droit d’auteur, résumé des données) |
| 27/10/2025 | La CODA, dont Studio Ghibli est membre, demande à OpenAI de ne plus entraîner Sora 2 sur ses contenus |
| 04/11/2025 | Au Royaume-Uni, Getty Images perd l’essentiel de son procès contre Stability AI |
| 24/03/2026 | OpenAI annonce la fermeture de Sora ; Disney renonce à son investissement d’un milliard de dollars |
| 22/05/2026 | Un juge refuse de rejeter le procès des studios contre MiniMax (Hailuo AI) |
| 02/08/2026 | La Commission européenne peut sanctionner les fournisseurs de modèles à usage général |
| 01/09/2026 | Le ministère américain de la Justice défend le fair use de l’entraînement dans le procès contre OpenAI |
| Septembre 2026 | Toshio Suzuki, cofondateur de Ghibli, s’exprime pour la première fois sur ces images |
Les sources de chaque ligne sont données dans les sections suivantes.
Mars 2025 : d’où vient la vague « style Ghibli »
Le 25 mars 2025, OpenAI a remplacé DALL·E par la génération d’images native de GPT-4o dans ChatGPT. En quelques jours, les réseaux sociaux se sont remplis de photos personnelles, de scènes d’actualité et de mèmes redessinés à la manière des films de Hayao Miyazaki. Sam Altman, patron d’OpenAI, a écrit que la demande faisait « fondre » ses processeurs graphiques et a annoncé des limites temporaires, dont trois images par jour en gratuit (Fortune, 28/03/2025).

La règle d’OpenAI à ce moment-là, décrite dans la fiche système de la génération d’images de GPT-4o (25/03/2025) : un refus se déclenche quand l’utilisateur demande une image « dans le style d’un artiste vivant ». Interrogée par la presse, l’entreprise a précisé que les styles « plus larges » de studios, comme Ghibli ou Pixar, restaient autorisés (TechCrunch, 28/03/2025). D’où le paradoxe relevé à l’époque : Miyazaki est vivant, mais son studio n’est pas un « artiste ».
Deux faits souvent déformés :
- La phrase de Miyazaki sur une « insulte à la vie elle-même » date de 2016. Elle visait une démonstration d’animation 3D par apprentissage automatique (une créature qui rampe), présentée par le laboratoire de Dwango dans un documentaire de la NHK, pas l’IA générative d’images, qui n’existait pas sous cette forme (Anime News Network, 09/12/2016).
- La lettre de mise en demeure attribuée à Studio Ghibli qui a circulé fin mars 2025 était un faux : le studio a indiqué à la NHK n’avoir envoyé aucun avertissement (Screen Rant, 28/03/2025).
Pour créer des images dans ChatGPT aujourd’hui, voir notre tutoriel ChatGPT Images (ex-DALL·E 3).
Qu’a changé OpenAI depuis ?
La règle de mars 2025 sur les styles n’a pas été reprise dans un document plus récent : la fiche système de ChatGPT Images 2.5, publiée le 08/09/2026, ne parle pas des styles d’artistes. Les politiques d’utilisation d’OpenAI (en vigueur depuis le 29/10/2025, vérifié le 25/09/2026) interdisent en revanche les « tentatives de violation des droits de propriété intellectuelle d’autrui ». Les changements notables ont surtout concerné la vidéo :
- Sora 2 et les personnages : lancé le 30/09/2025, Sora 2 fonctionnait au départ sur un système d’« opt-out » (aux ayants droit de demander à être exclus). Quelques jours plus tard, Sam Altman a promis aux ayants droit un contrôle « plus fin » de la génération de leurs personnages, sur le modèle d’un accord préalable, « y compris pas du tout » (blog de Sam Altman, octobre 2025).
- L’accord avec Disney : annoncé en décembre 2025, il devait permettre de générer plus de 200 personnages Disney, Marvel, Pixar et Star Wars dans Sora, avec un investissement d’un milliard de dollars de Disney dans OpenAI (annonce d’OpenAI). Disney y a renoncé quand OpenAI a annoncé la fermeture de Sora, le 24/03/2026 (Variety).
- La fermeture de Sora : l’application a fermé le 26/04/2026 et l’API le 24/09/2026 (centre d’aide OpenAI, vérifié le 25/09/2026). ChatGPT ne produit donc plus de vidéo : voir notre fiche ChatGPT.
En pratique, rien dans les textes publics d’OpenAI ne garantit qu’une demande « style Ghibli » sera acceptée ou refusée : c’est la modération appliquée au moment de la demande qui décide.
Studio Ghibli et le Japon : quelles prises de position ?
Au 25/09/2026, aucune action en justice de Studio Ghibli contre OpenAI n’a été rendue publique. Le studio s’est exprimé par trois canaux :
- Via la CODA : Studio Ghibli figure dans la liste des membres de la CODA, l’association japonaise de protection des contenus (anime, jeux, musique, édition). Le 27/10/2025, elle a demandé à OpenAI de ne pas utiliser les contenus de ses membres pour l’apprentissage de Sora 2 sans autorisation et de répondre aux réclamations liées aux vidéos générées. Elle conteste aussi le principe de l’opt-out : selon elle, le droit japonais exige en général une autorisation préalable, pas une objection après coup (communiqué de la CODA). Après l’annonce de la fermeture de Sora, la CODA a salué une « étape » et annoncé une enquête sur les autres services de génération pour l’exercice 2026 (CODA, 27/03/2026).
- Par le gouvernement japonais : en octobre 2025, Minoru Kiuchi, ministre chargé de la propriété intellectuelle, a indiqué avoir demandé officiellement à OpenAI de ne pas commettre d’actes pouvant constituer une contrefaçon, qualifiant les anime et mangas de « trésors irremplaçables » (The Register, 15/10/2025).
- Par Toshio Suzuki : dans un entretien publié début septembre 2026 par l’Asahi Shimbun, le cofondateur et producteur du studio explique avoir refusé les interviews pendant la vague de 2025, estimant que l’engouement retomberait vite. À la question « l’IA peut-elle imiter une œuvre Ghibli ? », il répond non ; il ajoute que Miyazaki ne sait même pas ce qu’est l’IA générative. Il ne parle ni de procès ni de droit d’auteur (Anime News Network, 08/09/2026).
Le droit japonais lui-même est plutôt favorable à l’entraînement : l’article 30-4 de la loi sur le droit d’auteur autorise l’analyse d’œuvres sans permission quand le but n’est pas d’en « jouir ». Mais l’Agence des affaires culturelles a précisé en 2024 une limite qui vise directement le « style Ghibli » : imiter le style d’un créateur n’est pas une contrefaçon tant que ce style relève de l’idée ; en revanche, réentraîner volontairement un modèle sur un petit ensemble d’œuvres d’un même créateur pour produire des images qui en reprennent l’expression ne bénéficie plus de l’exception (Agence des affaires culturelles, mai 2024, PDF en anglais).
Le style Ghibli est-il protégé par le droit d’auteur ?
En principe, non. En France, en Europe, aux États-Unis comme au Japon, le droit d’auteur protège la forme concrète d’une œuvre, pas les idées, techniques ou manières de faire. Le Copyright Office américain le rappelle dans son rapport de 2025 : le style est un élément que le droit d’auteur « ne protège pas », tout en notant que certaines imitations de style peuvent reprendre des éléments protégeables d’une œuvre (rapport « Generative AI Training », p. 65-66).
Cela ne veut pas dire que tout est permis. Ce qui distingue une image risquée d’une image sans problème :
| Généralement sans problème | Risqué |
|---|---|
| Un paysage, un portrait ou une photo personnelle redessinés avec des couleurs douces et un trait « aquarelle » | Totoro, Chihiro, Kiki ou tout autre personnage reconnaissable, même dans une scène nouvelle |
| Une esthétique décrite (ciel lumineux, végétation dense, décors ruraux) | Un plan précis d’un film reproduit presque à l’identique |
| Un usage personnel ou le partage non commercial | Un produit vendu (affiche, t-shirt, jeu) présenté comme « style Ghibli » ou « par Miyazaki » |
| Une création dont l’origine IA est assumée | Un visuel qui laisse croire à une œuvre officielle ou à un partenariat avec le studio |
Deux terrains juridiques s’ajoutent au droit d’auteur pour les usages commerciaux. En France, l’imitation systématique de l’univers d’un studio pour profiter de sa notoriété peut être attaquée au titre du parasitisme ou de la concurrence déloyale. Aux États-Unis, le Lanham Act sanctionne les indications trompeuses sur l’origine ou l’approbation d’un produit : c’est l’un des fondements du procès des artistes contre Midjourney (voir plus bas).
Quels procès sont en cours sur les images IA ?
Aucun ne concerne Ghibli directement, mais ils décideront des règles applicables aux générateurs d’images :
| Affaire | Qui contre qui | Ce qui est reproché | Où en est-on (25/09/2026) |
|---|---|---|---|
| Disney c. Midjourney (Californie) | Disney et Universal (juin 2025), puis Warner Bros. (septembre 2025) contre Midjourney | Générer à la demande Dark Vador, les Minions, Superman et d’autres personnages | Phase d’échange de pièces ; Midjourney invoque le fair use (TechCrunch, 04/07/2026) |
| Disney c. MiniMax (Californie) | Disney, Universal et Warner Bros. contre l’éditeur de Hailuo AI (septembre 2025) | Même grief, en vidéo | Le 22/05/2026, le juge a refusé de rejeter la plainte : un personnage suffisamment distinctif est protégé en tant que tel (analyse de Loeb & Loeb) |
| Andersen c. Stability AI (Californie) | Des illustratrices contre Stability AI, Midjourney, DeviantArt et Runway (janvier 2023) | Entraînement sur leurs œuvres ; Midjourney aurait aussi imité leurs styles « distinctifs » en violation du Lanham Act | Procès devant jury fixé au 05/04/2027 (déclaration commune des parties, 13/01/2026, PDF) |
| Getty Images c. Stability AI (Londres) | Getty contre Stability AI | Entraînement de Stable Diffusion sur ses photos | Jugement du 04/11/2025 : le modèle ne contient pas de copies des œuvres ; Getty n’obtient gain de cause que sur un point limité de droit des marques (jugement) |
| Kneschke c. LAION (Hambourg) | Un photographe contre l’association qui a constitué la base d’images LAION | Copie de sa photo pour un jeu de données d’entraînement | Le 10/12/2025, la cour d’appel juge la copie couverte par l’exception de fouille de textes et de données ; un pourvoi reste possible (analyse de DLA Piper) |
Le procès des studios contre Midjourney est le plus proche du cas Ghibli : il porte sur des personnages générés à la demande, pas sur un style. Pour les conditions d’utilisation de Midjourney et ce qu’elles disent de vos droits, voir notre fiche Midjourney.
États-Unis : ce qu’ont décidé les juges et le Copyright Office
Aux États-Unis, l’entraînement d’un modèle sur des œuvres protégées se juge au regard du fair use, une exception appréciée au cas par cas. Les premières décisions portent sur des textes, pas sur des images :
- Bartz c. Anthropic (23/06/2025) : le juge Alsup estime que l’entraînement sur des livres achetés puis numérisés relève du fair use, mais pas la constitution d’une bibliothèque de livres piratés. L’affaire s’est conclue par un accord de 1,5 milliard de dollars, définitivement approuvé le 20/07/2026 (Authors Guild).
- Kadrey c. Meta (25/06/2025) : le juge Chhabria donne raison à Meta faute de preuves suffisantes, mais souligne que l’inondation du marché par des contenus concurrents (la « dilution du marché ») pourrait faire pencher la balance dans d’autres affaires (décision).
- Thomson Reuters c. Ross : en février 2025, un juge a refusé le fair use pour un outil de recherche juridique non génératif. La cour d’appel du 3e circuit a entendu les parties le 11/06/2026 ; sa décision, la première d’une cour d’appel sur ce sujet, est attendue (LawSites).
- Le gouvernement s’en mêle : le 01/09/2026, le ministère de la Justice a déposé dans les procès regroupés contre OpenAI (dont celui du New York Times) un avis selon lequel l’entraînement, en soi, ne viole pas le droit d’auteur. Cet avis n’a pas de force obligatoire pour le juge (Sterne Kessler).
Le Copyright Office a publié le 09/05/2025 la troisième partie de son rapport sur l’IA, consacrée à l’entraînement (version de prépublication, toujours pas remplacée par une version définitive au 25/09/2026 selon sa page IA). Il estime que l’usage commercial de vastes quantités d’œuvres pour produire des contenus qui les concurrencent sur leurs marchés, surtout à partir de copies obtenues illégalement, dépasse les limites établies du fair use, et que l’imitation de style peut nuire au marché d’un créateur. Il cite justement la vague « style Ghibli » comme exemple de ce qui pourrait priver le studio d’occasions de licence (rapport, p. 65-66).
Autre point utile pour l’utilisateur : une image produite uniquement par l’IA n’est pas protégeable aux États-Unis. Le Copyright Office a conclu en janvier 2025 qu’un prompt ne suffit pas à faire de l’utilisateur un auteur (rapport « Copyrightability »), et la Cour suprême a refusé le 02/03/2026 de revenir sur l’exigence d’un auteur humain (Thaler c. Perlmutter, SCOTUSblog).
Europe : fouille de données, opt-out et AI Act
Dans l’Union européenne, l’entraînement relève de l’exception de « fouille de textes et de données » de l’article 4 de la directive 2019/790. Elle autorise la copie d’œuvres accessibles légalement, sauf si l’ayant droit s’y est opposé « de manière appropriée », par des procédés lisibles par machine pour les contenus en ligne. La cour d’appel de Hambourg en a tiré une conséquence pratique dans l’affaire LAION : une interdiction rédigée en langage courant dans les conditions d’utilisation d’un site n’était pas valable, faute d’être interprétable par une machine ; un pourvoi devant la Cour fédérale de justice reste possible (analyse de DLA Piper).
L’AI Act ajoute, à son article 53, deux obligations pour les fournisseurs de modèles d’IA à usage général, comme ceux d’OpenAI ou de Google :
- Une politique de respect du droit d’auteur, qui doit notamment identifier et respecter les oppositions (opt-out) des ayants droit.
- Un résumé public des contenus d’entraînement, selon le modèle publié par la Commission le 24/07/2025 : principaux jeux de données, principaux noms de domaine collectés.
Ces obligations s’appliquent depuis le 02/08/2025 ; la Commission peut les sanctionner depuis le 02/08/2026, et les modèles mis sur le marché avant août 2025 ont jusqu’au 02/08/2027 pour s’y conformer (Commission européenne, vérifié le 25/09/2026). Le code de bonnes pratiques du 10/07/2025 détaille la partie droit d’auteur (respect du robots.txt, exclusion des sites pirates, limitation des résultats contrefaisants, point de contact pour les ayants droit) ; OpenAI et Google figurent parmi ses signataires (vérifié le 25/09/2026). Notre dossier sur la réglementation de l’IA présente le reste du texte.
Deux décisions européennes restent à suivre. En Allemagne, le tribunal régional de Munich a jugé le 11/11/2025 que la mémorisation de paroles de chansons par ChatGPT constituait une reproduction contrefaisante (Bird & Bird). Et la Cour de justice de l’Union examine sa première affaire sur l’IA générative (Like Company c. Google, C-250/25) : elle doit dire si l’entraînement est une reproduction et si l’exception de fouille de données le couvre.
Utiliser des images « style Ghibli » : les précautions
Ce qui suit résume les sources citées plus haut ; ce n’est pas un avis juridique sur votre situation.
- Usage personnel (photo de profil, partage entre amis) : risque faible tant qu’aucun personnage protégé n’apparaît.
- Usage commercial (vente, publicité, couverture de livre) : pas de personnage ni de décor reconnaissable, pas de « Ghibli », « Miyazaki » ou titre de film dans le nom du produit ou la publicité. Décrire l’esthétique plutôt que nommer le studio limite aussi le risque de laisser croire à un partenariat.
- Propriété de l’image : les conditions d’OpenAI vous attribuent les images générées, mais cette cession ne dit rien de leur protection. Une image produite sans apport créatif humain peut être reprise par d’autres ; les détails sont dans notre tutoriel ChatGPT Images.
- Pas de réentraînement ciblé : entraîner un modèle (LoRA, fine-tuning) sur des images extraites des films Ghibli est la situation que l’Agence japonaise des affaires culturelles exclut de l’exception, et elle suppose de copier des œuvres protégées.
- Transparence : les images de ChatGPT portent des métadonnées C2PA et un filigrane invisible ; ne les présentez pas comme des dessins faits à la main ou comme des visuels officiels.
Et le débat éthique ?
Il porte moins sur la légalité que sur la valeur du travail d’artiste. Deux positions documentées se font face. D’un côté, les créateurs et leurs organisations, dont le Copyright Office relaie les inquiétudes : des imitations produites en masse concurrencent directement les artistes dont le travail a servi à l’entraînement, sans autorisation ni rémunération. De l’autre, les entreprises d’IA et désormais le gouvernement américain soutiennent que l’apprentissage à partir d’œuvres existantes est une transformation légitime, nécessaire à l’innovation.
Le cas Ghibli ajoute une dimension particulière : l’esthétique imitée est celle d’un studio connu pour son dessin fait à la main, et dont les dirigeants refusent de voir l’IA comme capable de reproduire leur travail. Utiliser ce style est permis ; savoir s’il est souhaitable de le faire à grande échelle reste une question de choix personnel.
Questions fréquentes
Est-il légal de créer des images style Ghibli avec l’IA ?
Oui, en principe : un style n’est pas protégé par le droit d’auteur. L’image devient risquée si elle reproduit un personnage ou un plan d’un film, ou si elle est vendue en laissant croire à un lien avec Studio Ghibli.
Studio Ghibli a-t-il porté plainte contre OpenAI ?
Non, aucune plainte n’a été rendue publique au 25/09/2026. Le studio a démenti une fausse mise en demeure en mars 2025, et c’est la CODA, dont il est membre, qui a demandé à OpenAI en octobre 2025 de ne plus entraîner Sora 2 sur les contenus de ses membres.
Peut-on vendre des images style Ghibli faites avec ChatGPT ?
Les conditions d’OpenAI vous attribuent les images générées et n’interdisent pas l’usage commercial. Mais vous restez responsable des droits des tiers : pas de personnage, de titre ou de nom du studio, et pas de présentation trompeuse. Pour un projet commercial important, demandez l’avis d’un avocat.
ChatGPT accepte-t-il encore le style Ghibli ?
OpenAI autorisait en mars 2025 les styles de studios et refusait ceux d’artistes vivants. Aucun document plus récent ne précise la règle, et la fiche système d’Images 2.5 (septembre 2026) n’en parle pas : le résultat dépend de la modération appliquée au moment de la demande.
Le style d’un artiste peut-il être protégé ?
Pas par le droit d’auteur en tant que tel. Un artiste peut en revanche agir contre la reproduction de ses œuvres, contre une imitation qui crée une confusion (parasitisme en France, Lanham Act aux États-Unis) et, dans l’UE, s’opposer à l’usage de ses œuvres pour l’entraînement par un opt-out lisible par machine.
L’AI Act interdit-il d’entraîner une IA sur des œuvres protégées ?
Non. Il oblige les fournisseurs de modèles à usage général à respecter les oppositions des ayants droit et à publier un résumé de leurs données d’entraînement. La Commission peut sanctionner ces obligations depuis le 2 août 2026.